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EDITO

REVUES NPPS

QU'EST-CE QUE LA REVUE NATURE & PATRIMOINE EN PAYS DE SAVOIE ?

Dernière mise à jour: 02/05/13

La revue a vu le jour en 1973, sous le titre de "Arve Nature" (voir édito du NPPS n°11) puis a évolué en "Arve Léman Savoie Nature" en 1976. En 2007, l'association a été dissoute et c'est à présent le Centre de la Nature Montagnarde qui s'occupe de la revue.


En 2000 la revue prend un nouveau souffle avec une édition entièrement en quadrichromie et un financement de l’édition par le Conseil Général de la Haute-Savoie.  La revue Nature & Patrimoine en Pays de Savoie a pour finalité la connaissance des richesses naturelles et patrimoniales des Savoie pour sensibiliser les habitants aux valeurs de ces territoires. Le comité de lecture choisit la ligne éditoriale et le contenu de chaque numéro.

Le Conseil Général de Haute-Savoie assure le financement de l'impression et les envois auprès des élus, des Offices de Tourisme, des bibliothèques, des Guides du Patrimoine des Pays de Savoie, des CDI du département, ainsi qu'auprès d'organismes et de personnalités régionales et transfrontalières.

Edito de la revue n°39 (MARS 2013)

LA TRAME VERTE ET BLEUE,
un outil d’aménagement particulièrement adapté à la Haute-Savoie

Depuis vingt ans, la question du déclin de la biodiversité est posée à l’échelle planétaire appelant chacun à une prise en considération locale. L’urbanisation et l’artificialisation des espaces qui en découle concernent tous les pays, la France et les Alpes du Nord depuis 60 ans. Des réservoirs de biodiversité ont pu être constitués par différents dispositifs, la Haute-Savoie ayant fait le choix d’une forte densité de Réserves sans avoir de Parc national. Natura 2000 et la politique en faveur des Espaces naturels sensibles menée par le Conseil général ont constitué un réseau de sites significatif dans lequel est pratiquée une gestion appropriée. Ces poches sont indispensables mais insuffisantes. Des corridors doivent permettre aux espèces animales et végétales de se déplacer, de se reproduire, d’accéder à la nourriture, cette interaction entre différents milieux de vie est une question de survie pour nombre d’espèces.

Le relief accidenté de nos montagnes constitue un frein à l’occupation humaine, même si la pression des loisirs est forte. Par contre, en fond de vallée, les difficultés sont nombreuses. Dans cet espace contraint par les piémonts se côtoient toutes les activités humaines, habitats, industries, agricultures, déplacements, loisirs, commerces... la concurrence est forte, les infrastructures de transport sont de véritables coupures, l’afflux de populations nouvelles est continu et les documents d’urbanisme essayent d’organiser, difficilement, une cohérence dans l’aménagement du territoire. La loi SRU est venue opportunément demander qu’un projet de territoire soit réfléchi, incorporant notamment le champ de l’environnement. Néanmoins, le principe du zonage est la règle et les seules continuités efficaces sont routières. La trame verte et bleue peut être, si les élus le souhaitent, le point de départ d’une démarche pouvant constituer un vrai projet d’urbanisme. La mise en relation des sites naturels par un maillage serré nécessite de mobiliser les terres agricoles et les espaces interstitielles encore non-urbanisés. L’étalement urbain se faisant au gré de la mise sur le marché du foncier constructible, de nombreux espaces libres demeurent sans vocation particulière. La morphologie des extensions urbaines débouche souvent sur une fragmentation de l’espace préjudiciable à la cohérence de certains milieux écologiques, mais entre les fragments, il y a encore de la place mobilisable pour créer des liens et des connexions. De manière « raccourcie », ce nécessaire regain d’intérêt pour la biodiversité ordinaire renforce l’idée que la nature peut reconquérir une partie de la ville, et surtout que celle-ci doit se densifier pour limiter l’étalement urbain : équilibrer les usages amène à considérer que s’il y a des zones à vocation unique urbaine, agricole ou écologique, des secteurs mixtes doivent faire cohabiter au mieux ces différentes fonctions.

La fonctionnalité des écosystèmes, en termes de continuité écologique, nécessite de considérer une échelle spatiale très large. La notion temporelle est également importante en lien avec l’évolution des écosystèmes. L’emboîtage du dispositif Trame verte et bleue, du national au local en passant par le régional, garantit la logique des différentes prises en compte. Sa transcription dans les documents d’urbanisme PLU et PLUI est plus délicate. Les intérêts particuliers peuvent se manifester fortement au moment où le plan et le règlement interdisent la construction au motif d’un corridor de biodiversité.

L’intérêt général peut d’autant plus être défendu qu’un projet équilibré et qualitatif est proposé pour l’ensemble de la commune qui considère les zones urbaines, agricoles, écologiques, de plaine ou de montagne comme autant de lieux de vie pour la nature.

Arnaud DUTEIL
Directeur du Conseil d’Architecture,
de l’Urbanisme et de l’Environnement de Haute-Savoie